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POLITIQUE/PPA-CI : Sébastien Dano Djédjé inculpé pour 17 chefs d’accusation

La justice ivoirienne franchit une nouvelle étape dans les poursuites ciblant la direction du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI).

La justice ivoirienne franchit une nouvelle étape dans les poursuites ciblant la direction du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI). Entendu ce lundi 12 octobre par la section antiterroriste, Sébastien Dano Djédjé, président du Conseil stratégique et politique (CSP) de la formation de Laurent Gbagbo, a été formellement inculpé pour 17 chefs d’accusation, a annoncé son avocate, Me Roselyne Serikpa.

Une litanie d’accusations et un contrôle judiciaire

Le pannel des charges retenues contre l’ancien ministre est particulièrement lourd : assassinat, atteinte à la sûreté de l’État, vol, destruction de biens publics et participation à une manifestation interdite. Selon la défense, plusieurs de ces faits se rapporteraient au contexte de l’élection présidentielle d’octobre 2025, bien que les détails et les circonstances exactes de ces infractions n'aient pas été précisés par le cabinet d'instruction.

À l’issue de son audition, Sébastien Dano Djédjé a toutefois échappé au mandat de dépôt. Placé sous contrôle judiciaire, il a pu regagner son domicile mais demeure soumis à des restrictions strictes, notamment l’interdiction de quitter le territoire ivoirien sans l'autorisation préalable du juge d'instruction.

La défense dénonce des vices de forme

Son conseil juridique conteste vivement la légalité des poursuites. Me Roselyne Serikpa pointe du doigt des irrégularités majeures et dénonce une « violation flagrante des règles de procédure pour un ancien membre du gouvernement », remettant en cause la validité de l'ensemble des actes accomplis jusqu'ici.

Une vague d'arrestations dans les rangs de l'opposition

Cette décision s'inscrit dans un climat de tension politique persistante. Depuis le scrutin de 2025, les procédures judiciaires visant l'appareil dirigeant du PPA-CI se multiplient : Justin Koné Katinan, vice-président du parti, a été inculpé à la mi-septembre pour au moins neuf charges, dont des actes qualifiés de terroristes, puis placé en détention. Damana Pickass, autre figure clé de l'opposition, est incarcéré depuis novembre pour des motifs similaires.

Si plusieurs dizaines de militants interpellés au cours des douze derniers mois ont progressivement été remis en liberté, les autorités maintiennent que ces actions relèvent exclusivement du droit commun et réfutent toute motivation politique. L'inculpation du président du CSP confirme néanmoins une sévérité accrue à l'égard de l'entourage de l'ancien président.

 

Ignace Beugré

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