CULTURE

Image

CULTURE/2ᵉ Sommet ONU Tourisme Afrique/Amériques à Livingstone : La « Sublime Côte d’Ivoire » en Zambie pour (re)penser le tourisme de demain

Du 8 au 10 avril 2025, la ville de Livingstone, sur les rives majestueuses du lac Victoria en Zambie, accueille le 2ᵉ Sommet ONU Tourisme pour l’Afrique et les Amériques.

 Ce rendez-vous international, organisé par l’Organisation des Nations Unies pour le Tourisme en partenariat avec le ministère zambien du Tourisme, réunit des décideurs, experts et opérateurs de haut niveau autour d’un objectif commun : redéfinir les contours du tourisme durable, inclusif et intercontinental, dans une logique Sud-Sud.

La Côte d’Ivoire, fidèle à sa dynamique stratégique « Sublime Côte d’Ivoire », prend part à ce sommet par le biais d’une délégation conduite par Guy Francis Kodjo, Conseiller technique chargé des Stratégies au ministère du Tourisme et des Loisirs. Il représente le ministre Siandou Fofana, membre influent de la Task-Force de l’ONU Tourisme sur la thématique « Repenser le tourisme ».

La participation ivoirienne s’inscrit dans une volonté affirmée de faire de la Côte d’Ivoire une destination de premier plan sur le continent. À Livingstone, le pays entend exposer ses initiatives dans des domaines clés : écotourisme, gastronomie, digitalisation, connectivité, tourisme durable, mais aussi mémoire collective. Ainsi, la stratégie nationale « Sublime Côte d’Ivoire » sera déclinée sous divers prismes : mise en valeur du parc national de Taï, des cascades de Man ou de la Nawa, ou encore initiatives culinaires à travers l’initiative « Terre de saveurs » qui célèbre la richesse gastronomique ivoirienne (attieké, kedjenou, etc.).

Autre volet stratégique : la valorisation du patrimoine immatériel par le biais de jeux traditionnels et du gaming, dans une perspective d’inclusion des jeunes. Sans oublier la promotion du Salon International du Tourisme et des Loisirs d’Abidjan (SITLA) prévu en juillet, et du Festival de la Cuisine Ivoirienne (FCI) à Bouaké, en juin, deux vitrines majeures du soft-power touristique ivoirien.

Présidé par Zurab Pololikashvili, Secrétaire général de l’ONU Tourisme, et placé sous l’égide du ministre zambien Rodney Sikumba, le sommet s’articule autour de deux grandes plénières : l’une dédiée à l’investissement touristique via les zones franches, et l’autre à l’innovation et à la jeunesse, avec pour ambition de révolutionner les approches traditionnelles.

À ces sessions s’ajoutent deux ateliers techniques : l’un sur la gestion des crises et la résilience, et l’autre sur la connectivité et les politiques de visas, éléments clés pour relancer le tourisme post-COVID dans les régions concernées. Ces ateliers ont vocation à renforcer les capacités des fonctionnaires et à favoriser des synergies interrégionales.

L’un des enjeux majeurs du sommet est la mise en place d’un cadre structurant de coopération entre l’Afrique, l’Amérique latine et les Caraïbes. Ce triptyque, riche d’un patrimoine naturel et culturel commun, pourrait s’incarner à travers des projets comme les « Routes de la mémoire », retraçant les liens historiques et culturels issus de la traite transatlantique. L’idée d’un tourisme mémoriel, entre histoire, réconciliation et développement, est au cœur des réflexions.

Dans cette même logique, des festivals conjoints mettant en avant les musiques, danses et cuisines de ces régions, ou encore des circuits touristiques thématiques, pourraient devenir de puissants leviers de développement croisé.

L’innovation est également au centre des échanges. Réalité augmentée, plateformes interactives, applications mobiles connectant touristes et guides locaux, utilisation de l’intelligence artificielle pour analyser les flux touristiques et limiter les impacts environnementaux : les perspectives d’un tourisme intelligent et responsable s’ouvrent à l’ensemble des délégations.

La Côte d’Ivoire, qui s’inscrit déjà dans une dynamique de modernisation de son secteur touristique, entend renforcer sa coopération avec les pays des Amériques en la matière. L’écotourisme communautaire, inspiré des pratiques sud-américaines, figure également parmi les pistes explorées.

Dans un contexte de réorganisation géopolitique marqué par les tensions régionales et l’émergence de nouveaux blocs, le rôle des zones franches dans l’attractivité touristique est discuté. La Côte d’Ivoire, via la ZLECAF, et les autres pays représentés, via le MERCOSUR ou la CARICOM, sont appelés à harmoniser leurs politiques pour renforcer la compétitivité de leurs destinations.

Mais les défis sont nombreux : insécurité transfrontalière, instabilités politiques, fermetures de frontières, etc. Autant d’obstacles à surmonter pour qu’émerge enfin une « marque Afrique » du tourisme mondial, avec une offre forte, unifiée et visible à l’international.

Le Sommet de Livingstone ne se veut donc pas seulement une rencontre institutionnelle, mais un laboratoire de pensée stratégique pour les régions Afrique et Amériques. La Côte d’Ivoire, par son engagement, son expérience et son ambition, y joue un rôle de catalyseur. À l’heure où le tourisme mondial cherche à se réinventer, le pays mise sur la coopération, l’innovation et la valorisation de son identité pour s’imposer comme l’un des leaders du tourisme africain de demain.

Ignace Beugré

Actualités récentes

Formule d'abonnements

Accédez en illimiter aux contenus de le sursaut.