- Ecrit par : Clara BOSOM
- 04/04/2025 16:23
SOCIETE/MARCORY / ANOUMABO - SANS FIL : “Le Virus” est tombé – La fin d’un règne de terreur
Par Kamel Wally, journaliste expert en criminalité et justice
Grand-Bassam, jeudi 3 avril 2025. Il est environ deux heures du matin lorsque l’opération de neutralisation est lancée. Une équipe d’agents du 26ᵉ Arrondissement d’Abidjan s’avance dans l’obscurité. Leur cible : KONAN, plus connu sous le surnom de “Le Virus”, figure centrale de la criminalité urbaine et chef incontesté du redouté gang d’Anoumabo.
Depuis plusieurs mois, “Le Virus” imposait sa loi à Marcory et dans les quartiers voisins. Meurtres, agressions à l’arme blanche, extorsions, règlements de comptes sanglants : le criminel s’était taillé une réputation de prédateur urbain, insaisissable et impitoyable. Un visage qui incarnait à lui seul la violence brute qui gangrène certains quartiers d’Abidjan.
Mais cette nuit-là, grâce à un renseignement anonyme – “Le Virus est à Bassam” – tout bascule. Le Commissaire du 26ᵉ Arrondissement, sans perdre de temps, mobilise ses équipes. L’opération est menée sous la coordination du Directeur Général de la Police nationale, le Général Youssouf Kouyaté, et la supervision du Chef de District de Marcory.
Le dispositif est millimétré. Les forces de l’ordre encerclent discrètement une bâtisse en ruine dans laquelle le fugitif aurait trouvé refuge. Le silence est lourd, la tension palpable. Puis, le signal est donné : “On y va.”
L’assaut est lancé avec une précision chirurgicale. Une silhouette tente de s’échapper par une issue arrière. C’est lui. Mais cette fois, la cavale s’arrête là. KONAN est maîtrisé, menotté, et placé en détention. En quelques secondes, l’homme le plus recherché de Marcory tombe. Une ère s’achève.
Cette arrestation constitue un coup sévère porté aux réseaux criminels d’Anoumabo. Sous ses ordres, plusieurs quartiers vivaient sous la terreur. Ses conflits avec les bandes rivales, notamment celles du secteur dit de “Sans-Fil”, ont laissé derrière eux un lourd tribut : des blessés par dizaines, des morts, des familles endeuillées.
Ses lieutenants, parmi lesquels un certain AZOPÉ, avaient déjà été arrêtés au cours de précédentes opérations. Seul “Le Virus” résistait encore, profitant d’un réseau de complices qui l’aidait à se dissimuler entre Abidjan et des localités de l’intérieur du pays.
Mais cette fois, la police a eu le dernier mot.
KONAN alias “Le Virus” répondra désormais de ses actes devant la justice. Un long dossier judiciaire l’attend.
Dans la foulée, les autorités ont renforcé les patrouilles dans les zones à risques de Marcory, notamment à Anoumabo et Sans-Fil. L’objectif : rassurer les habitants, restaurer l’ordre, et faire en sorte que la peur ne dicte plus la vie quotidienne.
Cette nuit-là, grâce à l’engagement du Général Kouyaté, à la vigilance du Chef de District et à la détermination du Commissaire du 26ᵉ Arrondissement et de ses hommes, une page sombre de la criminalité urbaine ivoirienne a été tournée.
“Le Virus” est tombé. Et avec lui, un empire de peur s’est écroulé.