- Ecrit par : Clara BOSOM
- 22/04/2025 09:52
SOCIETE/CRISE À LA MATCA : Les propriétaires de taxis-compteurs rejettent les accusations contre leur DG
Les propriétaires de taxis-compteurs ont tenu une conférence de presse, ce samedi 19 avril 2025, au siège de l’UPTCI, dans la commune d’Abobo, pour s’exprimer face à ce qu’ils qualifient de « dérives graves » au sein de la Mutuelle d’assurance des taxis-compteurs (MATCA). À la tête de cette rencontre, Chérif Mohamed Abdoulaye, Secrétaire général du Groupement des professionnels de taxis-compteurs (GPTC), Délégué MATCA d’Abobo et porte-parole, a dénoncé avec vigueur les récentes accusations portées contre le Directeur général de la MATCA, Élie Gouedou Ousmane.
Entouré de plusieurs figures clés de l’organisation, notamment le vice-président et le secrétaire général du Conseil d’administration, Chérif Mohamed a fermement rejeté les soupçons de détournement de fonds et les controverses autour de la nationalité du DG de la MATCA. « Nous avons été surpris et choqués par l’arrestation brutale de notre Directeur général, sur des motifs fallacieux. Cette affaire de nationalité a déjà été tranchée en 2018 par la justice ivoirienne, en faveur d’Élie Gouedou Ousmane. Sa mère, une Baoulé, s’est présentée devant le tribunal pour en attester. Il est Ivoirien, point final », a-t-il déclaré.
Concernant les accusations de détournement, le délégué insiste sur le caractère collégial de la gestion de la MATCA. Composée de 52 délégués élus dans les différentes communes du Grand Abidjan, la mutuelle fonctionne sur un modèle démocratique où toutes les grandes décisions sont prises en Assemblée générale. « Aucun projet ne peut être exécuté sans validation. Nous débattons, nous examinons, nous décidons collectivement. Même les plus critiques d’entre nous, que l’on surnomme les “opposants internes”, veillent à la rigueur des choix faits », a précisé Chérif Mohamed.
Les représentants pointent du doigt certains syndicalistes, qu’ils accusent de ne pas être eux-mêmes propriétaires de taxis, mais qui auraient tenté de s’emparer de la direction de la MATCA. « Ce que nous vivons aujourd’hui est un braquage institutionnel. Ces personnes ont forcé l’entrée de la mutuelle, installé un prétendu DG intérimaire et dissous le Conseil d’administration sans aucune base légale. Sur quelle autorité se fondent-ils pour agir ainsi ? », s’interroge le porte-parole.
Sous la houlette du Directeur Élie Gouedou Ousmane, la MATCA a entamé depuis plusieurs années une réforme baptisée « MATCA Nouvelle Vision », saluée par le porte-parole. Cette réforme a notamment permis à la mutuelle d’obtenir la certification ISO, d’ouvrir de nouvelles agences à Abobo, Yopougon et Marcory, et de lancer des projets sociaux tels qu’un centre de santé pour les chauffeurs et un programme immobilier à destination des propriétaires. « Ces réalisations sont concrètes, validées par l’ensemble des délégués en Assemblée générale. Nous ne pouvons pas accepter que ces avancées soient balayées par des individus sans mandat ni légitimité », a martelé Chérif Mohamed.
Face à ce qu’ils considèrent comme une tentative de déstabilisation, le porte-parole des propriétaires de taxis-compteurs lance un appel solennel aux autorités. « La MATCA appartient aux propriétaires de taxis, pas à des aventuriers. Nous demandons à l’État de faire respecter la légalité. Et si rien n’est fait, nous n’excluons pas d’agir de manière plus ferme, sans pour autant pénaliser les populations », ont-ils averti.
Il souligne enfin que, sous l’équipe actuelle, le délai de traitement des sinistres a été drastiquement réduit, passant de plus d’un an auparavant à moins de deux mois aujourd’hui. « C’est le résultat d’un travail sérieux. Ceux qui veulent aujourd’hui prendre la mutuelle en otage sont les mêmes qui ont bloqué ces paiements pendant des années », a conclu le porte-parole.
Dans un climat tendu mais déterminé, le porte-parole affirme qu’ils ne céderont pas à l’intimidation. « Non au braquage ! La MATCA doit rester entre les mains de ses véritables propriétaires. Nous ne nous laisserons pas faire. »
Sidibé Adama