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ECONOMIE/FILIÈRE CAFÉ-CACAO / INTERPROFESSION: Plusieurs associations s’unissent pour former le collège des producteurs

Par Sidibé A

Plusieurs organisations majeures de la filière café-cacao ont tenu une conférence de presse pour annoncer la mise en place du collège des producteurs de café-cacao dans le cadre de l’OIA, le vendredi 4 avril 2025, à la Maison de la Presse à Abidjan-Plateau. Cette nouvelle alliance, dénommée AOPCC (Alliance des Organisations des Producteurs de Café-Cacao de Côte d’Ivoire), vise à unir les forces des producteurs, surmonter les divisions internes et structurer une représentation solide au sein de l’Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA) Café-Cacao, une instance clé pour la gestion et la régulation du secteur en Côte d'Ivoire.

En effet, depuis des années, la création d’une interprofession pour la filière café-cacao a été entravée par des divisions internes. Bien que d'autres secteurs agricoles, comme celui du riz ou de la noix de cajou, aient déjà réussi à mettre en place des OIA fonctionnelles, la filière café-cacao, essentielle à l'économie ivoirienne, peinait à s'entendre sur la représentation de ses producteurs. Cette impasse a ralenti la structuration du secteur et limité son influence dans les décisions économiques et politiques du pays.

Aux dires des conférenciers, en février 2023, une évaluation des organisations de producteurs menée par le cabinet JADEX a révélé qu'aucune des 86 organisations de producteurs examinées ne remplissait les critères de représentativité définis par l’ordonnance n°2011-473 du 21 décembre 2011. « Aucune organisation n’atteignait le seuil des 15 % de la production ou des producteurs nécessaires pour figurer au sein de l'OIA, ce qui a retardé le processus de structuration de l’interprofession », a déclaré Kouamé Benjamin, vice-président de l’ASPCA CC, dès l’entame de cette conférence.

Face à ce constat, plusieurs organisations de producteurs, appuyées par des experts et des juristes, ont décidé de s'unir pour former l’AOPCC. Cette nouvelle alliance regroupe des structures représentatives telles que l’ANACACI, la FOPCC, l’US CADESA, l’ASPCA CC, l’UIACI COOPCA, l’EMAF H-CI, l’UCSA2CSCO, l’ONACI, l’ASSOPPACI, l’ABPCI, le PNOPCC, le FNFPCC et l’ANPCCI. Ensemble, elles représentent désormais plus de 60 % de la production et des producteurs, et regroupent 95 % des coopératives exportatrices de café-cacao en Côte d'Ivoire, dépassant ainsi le seuil minimal exigé pour intégrer l’OIA.

Pénatirgué Soro, président de l’ANACACI, par la voix de ses pairs, a exprimé l’objectif de cette alliance : « Nous avons décidé de transcender nos divergences pour donner aux producteurs une voix forte et légitime au sein de l’interprofession. Avec cette alliance, nous répondons enfin aux exigences de représentativité et nous sommes prêts à jouer pleinement notre rôle ».

Lors de la conférence de presse, l’AOPCC a formulé trois engagements majeurs, qui sont de consolider l’unité des producteurs, afin de s’engager à travailler pour une représentativité inclusive et efficace au sein de l’OIA ; de notifier les autorités compétentes où les autorités gouvernementales et le comité technique chargé de la mise en place de l’OIA seront informés officiellement de cette avancée et d’inviter d’autres organisations à rejoindre l’initiative, car l’AOPCC appelle toutes les organisations de producteurs évaluées par le cabinet JADEX à rejoindre l’alliance, pour renforcer la légitimité et la représentativité du secteur.

Les conférenciers ont également annoncé que, dans les jours à venir, une assemblée générale cruciale se tiendra à San Pedro, au cours de laquelle les modalités de désignation des délégués et des administrateurs du collège des producteurs au sein de l’OIA Café-Cacao seront finalisées.

L’émergence de l’AOPCC marque un tournant majeur dans la structuration de la filière café-cacao en Côte d’Ivoire. Grâce à cette alliance, les producteurs espèrent non seulement renforcer leur poids dans la gestion de la filière, mais aussi défendre leurs intérêts face aux grands acheteurs et améliorer leurs conditions de travail.

Dans un secteur où le café et le cacao sont des piliers essentiels de l’économie nationale, l’AOPCC pourrait bien redéfinir les rapports de force. Cela offrirait aux producteurs une plus grande capacité de négociation, avec l’espoir d’une meilleure rémunération et d’une plus grande stabilité dans leurs activités.

Pénatirgué Soro, dans son discours de clôture, a souligné l’importance de cette union : « Nous avons tous décidé de nous unir pour un avenir meilleur pour nos producteurs. L’heure est à l’action, à la cohésion et à la responsabilité. Ensemble, nous allons faire avancer la filière pour le bien de tous. »

Les responsables de l’AOPCC ont également rappelé l’importance de la participation collective à l’effort de structuration de l’OIA. Soro Pénatirgué a ajouté : « Nous invitons tous les autres groupes qui ont été évalués à rejoindre l’alliance. Nous serons à San Pedro dans les jours à venir pour une grande assemblée des producteurs, afin de garantir la cohésion de notre filière et permettre à tous les acteurs de profiter des fruits de cette union. »

Cette conférence a aussi été l’occasion pour les organisations de producteurs de remercier le Président de la République, Alassane Ouattara, pour le prix historique du cacao, passé de 1800 FCFA à 2200 FCFA/KG.

Il faut noter que l’initiative de l’AOPCC ouvre la voie à un avenir plus structuré et plus solidaire pour la filière café-cacao en Côte d'Ivoire. En unissant leurs forces, les producteurs espèrent non seulement relever les défis internes du secteur, mais aussi jouer un rôle central dans sa gestion, à l’échelle nationale comme internationale.

Cette union marque un moment crucial dans l’histoire de la filière, avec des implications importantes pour l'avenir des producteurs de café-cacao et, par extension, pour l’économie de la Côte d'Ivoire.

                                                                                                     

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